A quest for identity

2018-2022

Ces photographies et récits retracent une période de ma vie, mon quotidien à Beyrouth, entre les quatre murs des différents appartements dans lesquels j’ai vécu pendant les derniers événements qui ont affecté le pays. Comme un journal intime,il révèle le visible et le caché, le désir de trouver sa place parmi toute la confusion et le chaos dans lesquels le pays est plongé. Une réalité qu’on tend à dissimuler ou oublier mais qui nous entoure.

Je crois que c’est cachée derrière ma caméra que j’ai toujours trouvé ma place. Enfant déjà, je documentais ce qui m’entourait, le mouvement des feuilles ou des vagues, lespaysages défilant à toute allure lors de trajets interminables.Aujourd’hui encore, je documente ce que j’ai besoin de garder en mémoire ou de révéler. La photographie me permet d’immortaliser une apparence ou un instant donné que je peuxconserver indéfiniment, défiant le temps.

En France, j’avais pour habitude de faire des autoportraits. Ils m’aidaient à comprendre qui je suis, ou me perdaient parfois davantage comme je n’arrivais pas à trouver ma propre place. De retour au Liban, je pensais trouver des réponses mais je me suis retrouvée bloquée dans cette même routine. Le cours de la vie change et pourtant le temps semble suspendu en une imagefigée où le passé et le présent s’entremêlent, tournant en boucle,invitant l’éternité dans un instant T. L’image ne devient alors qu’un souvenir nostalgique, nous permettant de garder en mémoire un journal délicat sur l’étrangeté de la vie et du temps.

Les miroirs et les fenêtres laissent une ouverture infinie sur le monde et les possibilités de ce que l’on peut être.

16 Juin 2018, Hôtel Dieu

Je veux me rappeler de chaque moment, chaque pièce que j’ai habité dans mon premier appartement libanais.

Premier autoportrait après explosion

Chez moi, je me suis toujours sentie protégée. Je voyais mon appartement comme un cocon où personne ne pourrait jamais m’atteindre. Après l’explosion, j’ai réalisé que même chez soi, nous ne sommes plus à l’abri.

15 Mars 2021

Encore une journée sans électricité

Parfois je ne sais plus d’où je viens, parfois je ne sais plus où j’appartiens. Je me sens plus proche de mes pensées mais pourtant si éloignée et détachée. Au point de me sentir parfois invisible.

05 Aout 2020

Est-ce que l’on me voit ? Est-ce que me prendre en photo conforte mon existence ? Qui suis-je aujourd’hui et qui serais-je demain ? Tant de questions auxquelles je ne suis pas sûre de pouvoir répondre un jour.

26 Janvier 2022

Février 2021

Trois années, sept déménagements.

Using Format